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Un peu d'histoire

1862

Le 19 août 1862, le Théâtre impérial du Châtelet donne son spectacle inaugural en présence de l'impératrice Eugénie : Rothomago, féerie de MM. d'Ennery, Clairville et Monnier.
Avec ses 3 000 places et une scène de 24 x 35 mètres, ce théâtre est alors la plus grande salle de Paris. Dès sa construction confiée à l'architecte Gabriel Davioud, il se distingue par des qualités acoustiques remarquables, notamment grâce à ses parquets, ses sièges à cadre en bois et une coupole en verre permettant la réflexion des sons. Une forte pente offre par ailleurs une excellente visibilité de l'orchestre, réduite cependant par les nombreuses colonnettes. Bien desservi par la station de tramway et d'omnibus du Châtelet et l'embarcadère des bateaux-omnibus, il attire les foules de la fin du XIXe siècle venues applaudir des féeries et autres drames militaires, deux genres à grand spectacle permettant au Théâtre de mettre en valeur ses moyens en effets spéciaux et pyrotechniques, ainsi que ses machineries, qui seront pendant longtemps uniques au monde.
Eclectique dès ses origines, le Châtelet accueille différentes disciplines. En 1863, l'illustre acteur Frédérick Lemaître y joue Don César de Bazan. Suivront de nombreuses pièces et adaptations, parmi lesquelles on peut retenir celles d'auteurs tels qu'Alexandre Dumas (Vingt Ans après, La Reine Margot), Emile Zola (Germinal, L'Assommoir), Paul Féval (Le Bossu) ou Eugène Sue (Le Juif errant).

1873

A partir de 1873, le Châtelet joue un rôle primordial dans la vie musicale française avec l'installation de l'Association Artistique des Concerts-Colonne. Dirigé par son fondateur Edouard Colonne jusqu'à sa mort en 1910, les Concerts-Colonne font découvrir au public du Châtelet les compositeurs français de son époque (Saint-Saëns, Bizet, Massenet, Lalo, Fauré…), ressuscite le génie de Berlioz, mais joue également Beethoven, Wagner, Mendelssohn, Schumann, Mozart…
Des compositeurs tels que Massenet, Tchaïkovski, Richard Strauss, Grieg viennent diriger leurs propres œuvres. D'autres orchestres sont aussi invités : en 1900, Gustav Mahler dirige son premier concert en France à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Vienne.
Monté en 1876 Le Tour du monde en 80 jours reviendra régulièrement à l'affiche (24 reprises) jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale, créé en 1880 Michel Strogoff sera repris 19 fois pendant cette même période.
Pendant toute cette période le théâtre, la musique, la danse (le Châtelet possède son propre corps de ballet) et le cinéma (Méliès réalise notamment deux scènes cinématographiques pour Les 400 Coups du diable en 1905) ont leur place sur la scène du Théâtre du Châtelet.

1906

L'année 1906 marque le début des légendaires saisons mises en place par l'impresario et éditeur de musique Gabriel Astruc, La Grande Saison de Paris en collaboration avec Alexandre Fontanes, directeur du Châtelet de 1903 à 1928. C'est la grande révolution artistique du début du siècle, dont le Châtelet va se trouver le pôle principal. C'est en effet dans ce théâtre qu'a lieu, en 1907, la création française de Salome de Richard Strauss, avec le compositeur au pupitre.
Deux ans plus tard, le Châtelet est le lieu d'un véritable séisme avec la première saison des Ballets Russes de Diaghilev, mêlant art lyrique et chorégraphique. La soirée du 19 mai 1909 est réellement historique. Le Tout-Paris y sacre ses nouvelles idoles en la personne des danseurs Tamara Karsavina, Anna Pavlova et Vaslav Nijinski, dans des décors et costumes d'Alexandre Benois et de Léon Bakst. Le Pavillon d'Armide ouvre le programme… Quelques jours plus tard, Feodor Chaliapine fait au Châtelet sa deuxième grande prestation parisienne, dans le rôle d'Ivan le Terrible de La Pskovitaine de Rimski-Korsakov.
En 1910, Astruc propose une saison italienne avec la troupe du Metropolitan Opera de New York emmenée par Arturo Toscanini. C'est aussi pour les Parisiens l'occasion d'applaudir Emmy Destinn et Caruso dans I Pagliacci, Aida et lors de la création française de Manon Lescaut de Puccini en version originale.
En 1911, c'est au Châtelet que Gabriele D'Annunzio et Claude Debussy créent Le Martyre de Saint Sébastien dans des décors et costumes de Bakst avec, entre autres, Ida Rubinstein et Ninon Vallin, jeune débutante. C'est aussi le retour des Ballets Russes, qui présentent notamment une création aujourd'hui rentrée dans l'histoire grâce à Nijinski : Petrouchka dans une chorégraphie de Fokine et des décors et costumes de Benois sur une musique d'un jeune compositeur : Igor Stravinsky.
Toujours soucieux de surprendre Paris, Diaghilev propose la saison suivante Le Dieu Bleu, Thamar, L'après-midi d'un faune de Debussy, où la chorégraphie avant-gardiste de Nijinski crée un scandale qui préfigure celui suscité par la création en 1913 du Sacre du printemps au Théâtre des Champs-Elysées, enfin Daphnis et Chloé de Ravel.
Les Ballets Russes reviendront une dernière fois au Châtelet en 1917 avec Parade, ballet réaliste d'Erik Satie sur un thème de Jean Cocteau, rideau, décors et costumes de Pablo Picasso et dans une chorégraphie de Léonide Massine.
Le Théâtre d'Alexandre Fontanes maintient sa politique artistique qui avait fait les beaux jours du début du siècle, mais le succès n'est plus garanti et dans les années 1920 la concurrence fait preuve de plus d'originalité.

1928

De 1928 à 1966, le Théâtre du Châtelet est dirigé par Maurice Lehmann. Celui-ci se lance dans l'opérette à grand spectacle et signe lui-même de nombreuses mises en scène. C'est au Châtelet que le public parisien peut alors découvrir les "musicals" qui font fureur à Broadway, tels que Show Boat (rebaptisé Mississipi à Paris) d'Oscar Hammerstein et Jerome Kern, New Moon (Robert le Pirate à Paris) ou Nina-Rosa.
En 1933 et 1934, le Châtelet accueille à nouveau des artistes russes tels que Chaliapine, Danilova et Massine avec la compagnie de L'Opéra Russe à Paris.
En 1941, Maurice Lehmann connaît son plus grand succès avec Valses de Vienne sur des musiques de Johann Strauss père et fils. Viendront ensuite L'Auberge du cheval blanc (1948), Le Chanteur de Mexico (1951), Méditerranée (1955), Monsieur Carnaval (1965)… où l'on retrouve les noms d'André Baugé, Fernandel, Luis Mariano, Tino Rossi, Georges Guétary…

1966

En 1966, Maurice Lehmann abandonne le Châtelet. Les directions se succèdent (Marcel Lamy, André Huet, Jean Bauchet) et en 1979 la Ville de Paris décide de reprendre l'un des plus beaux théâtres de la capitale. Le Théâtre du Châtelet ferme pour travaux. La fosse d'orchestre et les planchers de la scène sont remis à neuf et modernisés. La salle est réaménagée grâce à la suppression des loges de corbeille et à l'installation de nouveaux fauteuils.

1980

En 1980, le Châtelet, dénommé Théâtre musical de Paris (TMP) et subventionné par la Ville, rouvre sous la direction de Jean-Albert Cartier et la présidence de Marcel Landowski. La programmation et le prix des places doivent attirer le public le plus large. Au début, le TMP accueille de nombreuses productions françaises et étrangères, organise des coproductions et abrite certaines manifestations parisiennes (Festival d'Automne, festivals de danse, de poésie, de jazz…).

Rapidement, l'ère Cartier est marquée par un certain nombre d'innovations:
- Lancement de la série "Grands Interprètes et Jeunes Talents", au cours de laquelle un artiste consacré "parraine" un musicien en début de carrière;
- Création d'un "Festival d'orchestres" en juin (dix orchestres se produisent en dix jours);
- "Opéras d'une heure" présentés à 18h30, qui permettent quelques incursions dans la création contemporaine (Berio, Aperghis…);
- Organisation de séries thématiques autour d'un compositeur, d'une époque ou d'un pays : "Opéras de jeunesse de Verdi", "Saison russe","Tricentenaire de Haendel", "Saison Rossini", "BlackSeason", "Point fort Schumann", "Saison Mozart","Musique baroque", "Intégrale Ravel" et "L'opéra allemand".
Grâce à sa programmation variée où se mêlent opéras, opérettes, comédies musicales, ballets, concerts et récitals, la nouvelle équipe gagne son pari d'attirer un nouveau public, rajeunit l'image du théâtre et réussit à imposer le Théâtre musical de Paris comme l'un des lieux musicaux les plus vivants de la capitale.

1988

Lorsque Jean-Albert Cartier décide de quitter le Théâtre musical de Paris, son adjoint, Stéphane Lissner, est nommé à la tête du théâtre. Les débuts de cette nouvelle direction sont marqués en 1988 et 1989 par deux séries de travaux commandés par la Ville de Paris pour améliorer l'acoustique de la salle ainsi que le confort et la visibilité des spectateurs.
En septembre 1989, dans le cadre des commandes publiques de la Ville de Paris,l'ancien rideau de scène est remplacé par une création du peintre Gérard Garouste, alors que Valerio Adami conçoit une fresque pour le foyer.
La salle reprend son nom originel de Théâtre du Châtelet. L'ambition de Stéphane Lissner est de redonner au Châtelet le prestige international, le rôle de création et d'innovation qu'il a connu au début du siècle, dans un esprit où se trouvent réunis toutes les formes de spectacles et les genres musicaux les plus variés.
La création lyrique et le répertoire du XXe siècle y occupent une place privilégiée. De grands noms de la mise en scène, collaborent avec les plus grands chefs de l'époque. Le Châtelet a ainsi acquis, au fil des saisons, une réputation d'excellence artistique et d'innovation sur le plan international.

1999

Après une fermeture d'une saison afin de moderniser la cage de scène, le Théâtre du Châtelet a rouvert ses portes au public en octobre 1999 sous la nouvelle direction de Jean-Pierre Brossmann, précédemment directeur de l'Opéra National de Lyon.
Dans un souci d'éclectisme et de diversification du répertoire, la programmation associe des chefs d'orchestre et des metteurs en scène ou chorégraphes dont les visions renouvellent la perception des œuvres, à travers,par exemple, l'invitation de formations orchestrales ou chorales spécifiques à chaque style. Les productions scéniques, d'opéras ou de ballets, alternent avec de nombreux cycles de concerts confiés à des chefs et à des formations prestigieuses. Chaque année en fin de saison, le Festival des régions reflète le foisonnement de la vie lyrique en France en accueillant une scène régionale française avec ses forces artistiques et ses productions marquantes.
Le Théâtre accueille, co-produit ou co-réalise des séries de concerts avec Radio-France et l'Orchestre Philharmonique, la série Orchestres du monde avec IMG, les Concerts du Dimanche Matin ou Piano****. La Cinémathèque de la Danse présente quatre ou cinq films par an.
Depuis sa réouverture en octobre 1999, le Théâtre du Châtelet a affirmé sa volonté de s'ouvrir à un public de jeunes, de lycéens en particulier, en leur facilitant l'accès aux représentations, en les encadrant par une préparation pédagogique, en y associant les mécènes.
Les enregistrements audiovisuels connaissent un essor considérable et font dorénavant partie intégrante de la politique du théâtre.

2006

En juillet 2006, Jean-Luc Choplin prend la relève et entend conserver au Châtelet sa tradition d’excellence dans la création lyrique et chorégraphique, tout en élargissant le public du théâtre et en créant des événements artistiques qui privilégient l’audace et la légèreté.
Son objectif est d’attirer chaque saison 300 000 spectateurs autour d’une programmation éclectique et faire du Châtelet un théâtre musical joyeux, ouvert, éducatif…