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Cinéma

Les Misérables

Parmi les adaptations cinématographiques des Misérables, celle d'Henri Fescourt est de loin la plus fidèle au roman. Le grand historien du cinéma Georges Sadoul la considérait comme la plus belle et Fescourt comme son plus beau souvenir de cinéma.
Suivons Gabriel Gabrio, formidable Jean Valjean, et ce pendant 359 minutes éternelles de cinéma…
L'enjeu de cette nouvelle restauration est de retrouver Les Misérables avec toute la richesse des différentes techniques de couleurs utilisées en 1925 par Henri Fescourt (virages, teintages et mordançages). Cette restauration, rendue possible par les technologies numériques d'aujourd'hui, est conduite par le CNC à partir d'un négatif de Pathé conservé et d'une copie d'exploitation en couleur, qui reste aujourd'hui l'un des seuls témoignages des choix de couleur opérés par le réalisateur.


1ère époque – 1h46 – Prologue et Fantine

Libéré du bagne après 19 ans de rétention pour avoir volé du pain, Jean Valjean est alors âgé de quarante-six ans et porte toute la rancœur du monde en lui. La seule personne qui lui ouvre sa porte et lui offre l'hospitalité pour la nuit est l'évêque de Digne, Monseigneur Myriel, auquel il dérobe cependant son argenterie avant de s'enfuir au lever du jour. Appréhendé par les gendarmes, Valjean est innocenté par l'évêque qui affirme lui avoir fait don de cette argenterie, notamment de deux chandeliers qu'il aurait oublié d'emporter. Cet extraordinaire dévouement bouleverse tellement Valjean que, plongé dans une profonde réflexion et assis dans un chemin de campagne, il s'empare d'une pièce de quarante sous qu'un petit ramoneur a laissé tomber. Cet incident amène la police à ficher Valjean comme récidiviste en rupture de ban. Ce sera son dernier méfait envers la société, car la magnanimité de l'évêque le conduit désormais à se dévouer à son prochain. Plusieurs années après, sous le nom de Monsieur Madeleine, il fonde une fabrique de verroterie qui relance l'économie de la petite ville de Montreuil-sur-Mer dans le Nord de la France. Il y instaure aussi des aides caritatives et recueille Fantine, une pauvre mère séduite et abandonnée, sans travail, sans le sou et malade. Au chevet de Fantine, Jean Valjean lui promet de retrouver sa fille Cosette et de veiller sur elle.

2e époque - 1h32 - Cosette

Etabli dans le Pas-de-Calais sous le nom de M. Madeleine, Jean Valjean s’enrichit honnêtement. Mais le commissaire Javert, homme d'éthique et de principes, soupçonne la double identité de l’homme et ne cesse de le traquer. Pour innocenter un indigent, que le policier Javert accuse d'être Jean Valjean, ce dernier révèle son identité en plein tribunal. Jean Valjean est renvoyé au bagne mais arrive à s’en échapper. Jean Valjean arrache la petite Cosette des griffes des Thénardier. Une nouvelle vie commence.

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3e époque - 1h34 - Marius

A Paris, dans les jardins du Luxembourg, l’étudiant Marius Pontmercy tombe sous le charme de Cosette, devenue une charmante jeune fille. En rupture avec sa riche famille, Marius vit misérablement dans la masure Garbeau, à côté des Thénardier. Le jeune homme cherche désespérément à retrouver Cosette et découvre que celle-ci habite avec Jean Valjean, rue Plumet, portant désormais le nom de Fauchelevent. Les deux jeunes gens s’aiment mais, repérés par Javert, Jean Valjean et Cosette sont obligés de déménager. Marius est anéanti quand il apprend que Cosette va quitter la rue Plumet. Comment va-t-il faire pour la revoir ?

4e époque – 1h23 - L’Epopée rue Saint-Denis

Durant les émeutes de Paris, l’effervescence est grande parmi les insurgés. Jean Valjean, intervenant au milieu de l’agitation, sauve la vie de Marius et même celle de Javert, pourtant toujours à sa poursuite. En retour, le commissaire laisse partir Jean Valjean. Pensant avoir failli à son honneur de policier, il se jette dans la Seine. Marius guérit de ses blessures, se réconcilie avec son riche grand-père et va finalement épouser Cosette avec le consentement de ce dernier. Jean Valjean n’assiste pas au mariage, remué par les souvenirs et son passé tumultueux. Il bénit l’union des deux jeunes gens et peut mourir en paix.


Générique

1ère partie : 3 h 15
Entracte : 1 h 15
2nde partie : 2 h 47

Réalisation
Henri Fescourt

1925, France, 359 min Noir & blanc teinté Numérique DCP, muet

Avec
Gabriel Gabrio
Sandra Milowanoff
Jean Toulout
Georges Saillard
Renée Carl
Paul Jorge
François Rozet
Charles Badiole
Andrée Rolane

Accompagnement musical
Jean-François Zygel (piano)

Scénario
Henri Fescourt d'après le roman de Victor Hugo

Photographie
Karénine Mérobian
Raoul Aubourdier
Léon Donnot
Georges Lafont

Décors
Mme Paul Castiaux
Georges Quenu

Montage
Jean-Louis Bouquet

Société de production
Société des Cinéromans – Films de France

Société de distribution
Pathé Production


C'est en découvrant, à la sortie du Conservatoire, Les Misérables d'Henri Fescourt que j'ai été converti à la puissance du cinéma muet. La force et la singularité des images, l'intensité expressive des acteurs de ce film-épopée (et tout particulièrement de Gabriel Gabrio dans le rôle de Jean Valjean) me hantent depuis presque trente ans. L'extraordinaire restauration effectuée par le CNC, la Cinémathèque de Toulouse, Pathé et la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé (sans doute l'un des plus gros travail jamais entrepris dans ce domaine) rend enfin justice à ce chef-d'œuvre.

Dimanche 25 octobre, à 16h, ce sera pour moi la troisième fois que je mettrai en musique mon film fétiche. Six heures au piano et dans l'obscurité, pour une véritable symphonie visuelle et sonore comme seul le cinéma muet peut l'offrir.

Une performance ? Pas seulement. Un rêve, une hypnose et un rappel : que le cinéma a d'abord été un art du spectacle, un art musical (les scènes étaient toujours tournées avec des musiciens sur le plateau), un art du temps.

Jean Valjean, Cosette, Javert, Fantine, Gavroche et les Thénardier ne sont jamais aussi vrais qu'accompagnés de musique, une musique qui incarne l'invisible mouvement de leur âme et des passions qui les animent.

Jean-François Zygel

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Photos du film : (c) 1925 - Société des Cinéromans Les Films de France (catalogue Pathé)
" La restauration du film a été effectuée au laboratoire du CNC en collaboration avec la Cinémathèque de Toulouse et en partenariat avec Pathé et la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé. "

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Le 25 octobre 2015 à 16h
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