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Cinéma

L'Inhumaine

Le THÉÂTRE DU CHÂTELET est heureux d’accueillir la première projection mondiale de la nouvelle restauration du chef d’œuvre Art Déco de Marcel L’Herbier L’INHUMAINE. Ce film, emblème du cinéma muet français, nous fait revivre la splendeur artistique des années vingt. Les images seront accompagnées par une création musicale du percussionniste Aidje Tafial pour ensemble instrumental, en partie inspirée des partitions de Darius Milhaud, composées pour deux séquences majeures du film.
Un spectacle par Lobster Films en association avec Marie Ange L’Herbier et ARTE.
La restauration de ce film a été rendue possible grâce à la mise à disposition du matériel original par le CNC et à son financement par le dispositif d’aide à la numérisation et à la restauration du patrimoine.
Première projection publique : Novembre 1924

Avec le soutien de la maison Hermès

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La nouvelle restauration de L’Inhumaine :

Pour cette nouvelle restauration, Lobster Films a pu reprendre le travail depuis les négatifs originaux nitrate encore en bon état grâce au matériel conservés par le CNC.
Ces éléments ont été scannés en 4K sur le Nitroscan des laboratoires Eclair, et la restauration numérique a été effectuée aux laboratoires Lobster Films en 2014.
Mais outre la qualité d’image absolument lumineuse de cette nouvelle restauration, c’est la restitution des teintes qui permet de découvrir enfin L’Inhumaine telle que Marcel l’Herbier l’avait imaginée. En effet, l’usage était de monter le négatif des films dans l’ordre des teintes. Sur une même bobine se trouvent assemblés bout à bout tous les éléments teintés bleus, sur une autre les éléments teintés verts, ou jaune, ou rouge.
Ainsi, en remettant dans l’ordre ces plans filmés en noir et blanc et en suivant les indications précieuses écrites à l’encre directement sur la pellicule – indications ne figurant pas sur l’interpositif des années 1970 – ce sont bien les teintes d’origine qui son reconstituées pour chaque plan. Certaines chutes de montage donnent également des indications de teintages et de virages authentiques, et datant de l’époque.
La remise dans l’ordre de ces plans après teintage révèle l’œuvre au plus proche de ce qui fut montré pour la première fois, éclatante de précision, de beauté formelle et véritable feu d’artifice hypnotique de teintages et de virages. Quant au problème de l’intensité des teintes et de l’insertion des flashes de couleurs pures dans le montage final très rythmé, il a pu enfin être résolu grâce aux nouvelles technologies de restauration numérique.
Une résurrection…

Serge Bromberg

Partenaires

  • sacem
  • cnc
  • lobster
  • Arte

Média

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Distribution

  • Réalisation : Marcel L'Herbier
  • Production : Cinégraphic
  • Décors : Robert Mallet-Stevens, Alberto Cavalcanti, Fernand Léger
  • Musique : Création musicale du percussionniste Aidje Tafial pour ensemble instrumental, en partie inspirée des partitions de Darius Milhaud, composées pour deux séquences majeures du film

Compléments

Marcel L’Herbier (1888-1979) reste l’un des plus envoûtants cinéastes de l’avant-garde narrative française des années vingt.
Car la période muette (1918-1928) est la plus créative et la plus libre de sa longue carrière ; à l’époque, il fut en outre le seul réalisateur à pousser aussi loin la synthèse des différentes formes d’art au sein du cinéma de fiction.

Symbole même de ces recherches et tentative la plus hardie de L’Herbier dans ce domaine, L’Inhumaine est aujourd’hui une œuvre mythique.

En 1923, après plusieurs années de mise en scène, notamment pour les studios Gaumont, et de premières réussites comme Rose-France, Le Carnaval des vérités, L’Homme du large, El Dorado, Don Juan et Faust, Marcel L’Herbier vient de fonder sa propre société de production, Cinégraphic.
Il élabore un projet extrêmement ambitieux, L’Inhumaine : un film destiné au marché international, et d’abord américain, pour mettre en valeur les tendances les plus en pointe de la création artistique en France (arts plastiques, arts décoratifs, architecture, haute couture, danse, musique, et bien sûr… cinéma !).

Le scénario, proche d’un argument d’opéra, a été conçu pour la cantatrice Georgette Leblanc. Sœur de l’écrivain Maurice Leblanc et compagne de Maurice Maeterlinck, cette célèbre artiste lyrique apporte 50% du financement en échange du rôle principal, celui de « l’inhumaine ».
L’Herbier a donc décidé d’utiliser le script (qu’il baptise « histoire féerique ») comme « base chiffrée » pour construire des « accords plastiques ». Il a mis l’accent, non pas sur le déroulement linéaire de l’histoire, mais sur ce qui est vertical, sur « l’harmonie plastique ». (Marcel L’Herbier, propos recueillis par Jacques-André Fieschi, Les Cahiers du Cinéma n° 202, 1968)

A cette fin, il s’est entouré de prestigieux collaborateurs d’avant-garde :
Architecture de Robert Mallet-Stevens (volumes extérieurs de la villa et du laboratoire, entrée de la villa, chambre de Claire Lescot), décors d’Alberto Cavalcanti (intérieurs de la villa ; pièces secondaires du laboratoire), Claude Autant-Lara (jardin d’hiver de la villa) et Fernand Léger (intérieur du laboratoire, qu’il construisit lui-même d’après ses maquettes), meubles de Michel Dufet, Jean Lurçat, Pierre Chareau et Martine (atelier mobilier-décoration du couturier Paul Poiret), sculptures de Joseph Csaky, costumes de Georgette Leblanc de Paul Poiret, verreries de René Lalique et Jean Luce, orfèvrerie de Jean Puiforcat, accompagnement musical de la séquence finale de Darius Milhaud (documents en partie perdus)

L’Inhumaine est à la fois un conte, un film d’avant-garde et d’anticipation

Voici les grandes lignes du scénario :
La grande cantatrice Claire Lescot (Georgette Leblanc) ne vit que pour son art. Elle réunit souvent dans son étrange demeure les plus brillants représentants de l'intelligentsia internationale. Ils cherchent à la séduire, elle ne songe qu'à les dominer. Seul un jeune savant, disciple d’Einstein, l’intrigue.
Après de multiples péripéties, elle découvre le laboratoire de cet ingénieur, temple ultra-moderne dédié à la science. Mais elle succombe peu après, victime d’un soupirant éconduit. Le jeune savant tente de la ramener à la vie grâce à une machine expérimentale…

Marcel L’Herbier s’est toujours passionné pour le progrès technologique. On découvre notamment - outre la machine qui abolit la mort - un appareil, mi-radio mi-cinéma, désigné dans les intertitres par le terme « télévision ». C’est sans doute le premier film à évoquer cette technologie, balbutiante en 1923.

Enfin, il ne faut pas oublier le travail proprement cinématographique, les recherches sur l’image, sur l’essence du cinéma (photographie, cadrages, volumes, profondeur de champ, surimpressions, montage) du réalisateur.
Marcel L’Herbier avait prolongé ce travail de l’image par le soin apporté au graphisme du générique (réalisé et animé par Fernand Léger) et des intertitres (typographie moderniste), ainsi que par les nombreux teintages et virages appliqués à la pellicule. Le cinéaste teintait à l’époque tous ses films, et déterminait lui-même les gammes de couleurs, les effets spéciaux, etc.

Pour L’Inhumaine, il réserva à la fascinante séquence finale un traitement tout particulier :

(…) Ce qu’on ne voit plus dans les copies d’aujourd’hui, c’est que non seulement la pellicule était teintée en rouge, mais encore, à certains moments d’éclatement, j’avais supprimé complètement l’image et j’avais intercalé des fragments de pellicule de différentes couleurs, si bien que tout à coup, on recevait dans les yeux des éclairs de blanc pur, et deux secondes après, des éclairs de rouge, ou de bleu, et l’image réapparaissait…

Marcel L’Herbier, propos recueillis par Jacques-André Fieschi, Les Cahiers du Cinéma n° 202, 1968

Malheureusement, et depuis plus de quarante ans, le public ne pouvait voir le film tel qu’il avait été imaginé et conçu par Marcel L’Herbier en 1923-1924. Cette première mondiale de la version restaurée au Châtelet est en quelque sorte la résurrection de cette Inhumaine de légende, qui n’avait cessé de hanter l’histoire du cinéma invisible depuis le milieu des années vingt.

Le 30 mars 2015 à 20h
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