Qui était Cole Porter ?

Spécialiste de la comédie musicale, Patrick Niedo* dresse le portrait du célèbre compositeur et parolier (1891-1964). Patrick Niedo donnera une conférence sur Kiss me, Kate le 28 janvier à 13h au Foyer du Théâtre (entrée libre dans la limite des places disponibles).

Cole Porter

Le « Colporteur » de Broadway, amoureux de Paris

Né à Peru dans l’Indiana le 9 juin 1891, Cole Porter est un fils chouchouté par ses parents et surtout par sa mère Katie (Kate) Cole-Porter. Fille du richissime James Omar Cole, elle épouse Samuel Fenwick Porter en 1884, propriétaire de plusieurs pharmacies mais bien moins aisé que son beau-père. James Omar Cole a fait fortune en ayant acheté des terres forestières dont il exploitait le bois jusqu’à ce qu’il découvre que les sols étaient aussi remplis de charbon et de pétrole. Cole est le troisième enfant de la famille Porter mais les deux précédents, Louis et Rachel, sont morts en bas âge, ce qui lui confère une place bien particulière aux yeux de ses parents et de son grand-père millionnaire. « Cole » est le nom de famille de son grand-père maternel et « Porter » le patronyme de son père. […] Tout jeune, Cole apprend le piano et le violon, la danse, le français. Il hérite des dons de musicien de son père qui est pianiste amateur et dont il n’est pourtant pas très proche. […] Dès l’âge de 10 ans, Cole monte ses premiers petits spectacles originaux dont The Song of the Birds (le chant des oiseaux) dédié à sa mère. Il est la coqueluche de la famille. Sa mère l’habille en uniforme comme un poupon, faisant de lui la risée de ses camarades, mais il en gardera un goût du costume d’apparat jusqu’à sa mort. Au piano, Cole joue ses propres mélodies ou les opérettes de Gilbert et Sullivan (4).[…]

À l’automne 1909, Cole entre donc à Yale University où il fait sensation, avec ses costumes fringants, ses cravates couleur saumon et son habileté à créer l’événement quand il se met au piano. Il étudie dans la division « Langues, littérature et arts » ; il sait se faire apprécier par ses professeurs et par leurs épouses dans les soirées mondaines du campus. Il écrit des airs pour encourager l’équipe de football, sans être lui-même intéressé par ces sports qu’il n’a jamais pratiqués parce que jugés « trop vulgaires » par sa mère. Bingo Eli Yale, Hail to Yale ou Bull Dog deviennent les hymnes de Yale et le sont encore à ce jour. Durant cette période, il est l’auteur d’environ trois cents chansons et note toutes sortes d’idées qui lui serviront bien plus tard. Une partie de ses carnets, source immense d’informations sur sa vie, est conservée à la bibliothèque de Yale. Cole Porter fréquente des héritiers d’immenses fortunes (des Vanderbilt aux Dodge en passant par John Vernon Bouvier, le père de Jacqueline Bouvier Kennedy Onassis), mais aussi, grâce au théâtre de New Haven (Connecticut), des actrices telles que Peggy Wood ou Fanny Brice qui deviendra une égérie de Florenz Ziegfeld. Il part parfois en virées new-yorkaises avec ses amis ; assidus des théâtres de Broadway, ils dînent en ville en costume à queue-de-pie, vivent en dandy. Il parfait également son éducation musicale à l’université, avec assez peu de cours théoriques, et est célébré par les journaux locaux comme étant « le » musicien de Yale. Son premier spectacle entier, depuis celui dédié à sa mère, sera Cora, en novembre 1911, puis il enchaîne sur d’autres, dont Robin des bois et Kaleidoscope en 1913.

En novembre 1912, il s’associe à un jeune étudiant, Almet Jenks, pour composer The Pot of Gold ; lui se charge des chansons et Jenks, du livret. Même s’il est loin d’avoir une grande voix (ce que tout le monde pense, et il en a bien conscience), il s’attribue un personnage dans chacune de ses créations : il est un excellent acteur, quoique cabotin, n’hésitant pas à se travestir et passant rarement inaperçu. Cole Porter est donc une « vedette » : celle de Yale mais également des universités environnantes pour lesquelles il écrit aussi de l’entertainment. La presse commence à s’intéresser au travail de ce jeune homme de 21 ans qui signe déjà ses partitions Music and Lyrics: Cole Porter . Un titre de Kaleidoscope aura un petit succès : As I Love You (rebaptisé Esmeralda en 1915 et publié par Irving Berlin Incorporated) sera la première mélodie de Cole Porter utilisée à Broadway dans Hands Up (mains en l’air), un show de Sigmund Romberg et Edward Ray Goetz qui est présenté à Broadway le 22 juillet 1915.

See-america-first

See America First, un flop public et critique…

En 1913, Cole entre à Harvard, où sa famille souhaite qu’il fasse du droit. Il ne tient pas longtemps dans cette discipline et continue son apprentissage mais… en musique, à partir de juin 1914. En 1915, certaines de ses chansons sont publiées par Lew Fields et, le 28 mars 1916, le premier musical de Cole Porter à Broadway ouvre ses portes : See America First, un flop public et critique qui ne tient que 15 représentations et que l’ex-adulé de Yale et de Harvard prend comme une humiliation.

Des années parisiennes

Pendant l’été 1917, en pleine guerre, Cole Porter embarque pour la France […] et n’en repart qu’en 1937. Vingt ans pendant lesquels il mène une existence luxueuse entre Paris et Broadway, revenant toujours dans ses quartiers parisiens. […] il rencontre, en janvier 1918, sa future épouse, Linda Lee Thomas. Linda est une riche divorcée américaine de huit ans son aînée, une très jolie femme dont Porter est tombé amoureux ; elle sait qu’il est homosexuel. Pendant leurs trente-quatre ans de vie commune, ils auront un accord tacite sur les relations extraconjugales masculines de Cole.

Après un séjour aux États-Unis où Porter monte sa deuxième comédie musicale, Hitchy-Koo of 1919, dont la chanson Old Fashioned Garden sera sur toutes les lèvres, il épouse Linda en décembre 1919 à Paris. Sa mère continue à lui donner d’importantes sommes d’argent. Les « Colporteurs » (c’est ainsi qu’on les surnomme à Paris) ont une vie de rêve. Ils parlent français, sont parfaitement intégrés aux mondanités parisiennes, […].

Old Fashioned Garden par Olive Klein en 1919.

Cole Porter s’inscrit à la Schola Cantorum où il étudie pendant deux ans, mais ses compositions ne sont destinées qu’à être dévoilées auprès d’un cercle fermé d’amis, pratiquement tous très riches ou en vogue, tels Serge de Diaghilev, Pablo Picasso, Josephine Baker ou Jean Cocteau. Il écrit quelques chansons qui sont reprises à Londres dans A Night Out (1920), Phi-Phi (1922), mais surtout dans Mayfair and Montmartre (1922) dont The Blue Boy Blues fait un carton parmi la demi-douzaine de mélodies qu’il concocte pour cette revue. Il place beaucoup de chansons dans Hitchy-Koo of 1922 mais c’est un échec à Broadway.

Son grand-père meurt en février 1923. Sa mère Kate hérite de la fortune paternelle et Cole repart des funérailles avec 1 million de dollars. Il peut donc continuer sa vie de rêve, même si Linda, tout aussi riche, a pour lui d’autres ambitions artistiques. Il compose la musique d’un ballet, Within the Quota, pour les Ballets Suédois, qui est présenté pour la première fois au Théâtre des Champs-Élysées le 25 octobre 1923. […] Pendant les étés, de 1923 à 1927, le couple part en villégiature à Venise où il côtoie les grands d’Europe et une jet-set artistique impressionnante, de Serge Lifar à Artur Rubinstein en passant par Irving Berlin, George Gershwin, Noel Coward, Fanny Brice, Lorenz Hart, Richard Rodgers… Porter est l’amant d’un danseur des Ballets Russes, Boris Kochno, et c’est pour lui qu’il clame I’m in Love Again, qui sera l’un des titres des Greenwich Village Follies (New York) en 1924.
I’m In Love Again par The Six Hottentots en 1927.

Le tournant dans la « carrière » de jetsetter de Cole Porter survient après la mort de son père en août 1927. C’est en rentrant aux États-Unis pour être auprès de sa mère qu’il rencontre des producteurs et un agent, Louis Shurr, qui vont enfin promouvoir sa musique. En mai 1928, au Café des Ambassadeurs à Paris, il crée sa Revue des Ambassadeurs, que le Tout-Paris se presse de voir. […]Ensuite, Edward Ray Goetz, que Porter avait croisé en 1915, souhaite un spectacle dans lequel sa femme, Irene Bordoni, serait la vedette. Irving Berlin lui suggère une collaboration avec Cole Porter. Le show est présenté le 8 octobre 1928 et s’impose à Broadway : Paris. Avec son tube Let’s Do It, Porter enflamme New York de ses mélodies et de ses mots différents, sophistiqués, intelligents. Let’s Do It, Let’s Fall in Love (que l’on traduira par « Allez, faisons-le ! Tombons amoureux ! ») est un succès immédiat. Avec seulement cinq chansons, Cole Porter conquiert Broadway pendant 195 représentations. C’est aussi son premier hommage à Paris, qu’il aime tant.

[…]. Cole Porter « recycle » une partie de ses airs de la Revue des Ambassadeurs, dont Looking at You, et livre une merveille de simplicité : What Is This Thing Called Love? qui sera considéré comme l’une de ses meilleures chansons. Il avait pour habitude de trouver d’abord le titre, à partir duquel partait son inspiration, murmurant, assis au piano, des mots et des mélodies.

Irving Berlin, propriétaire du Music Box Theatre, lui demande à ce moment-là de composer la musique d’une revue pour son théâtre : Fifty Million Frenchmen (50 millions de Français). Celle-ci ouvre finalement au Lyric Theatre le 27 novembre 1929, juste avant que Wake Up and Dream n’arrive de Londres. Le livret de Fifty est signé Herbert Fields et offre un nouvel hommage à Paris avec son Café de la Paix, ses courses de Longchamp, le bar du Ritz, les Halles… Tout y est. Une échappatoire pour le public new-yorkais, qui a peu boudé les théâtres et les cinémas au début de cette Great Depression. You Do Something to Me et You Don’t Know Paree sont les titres les plus marquants de Fifty parmi les trente-cinq que Porter a composés (et qui n’ont pas tous été retenus). Le musical ferme après 254 levers de rideaux.

Cole Porter est réputé pour ne pas s’investir dans ses spectacles : il lui suffit d’écrire ses partitions puis de les remettre à l’orchestre et au metteur en scène pour estimer que sa mission est accomplie. C’est ce qu’il fait lors des shows de ses débuts. Les choses vont changer dans les années 1930, lorsqu’il réalise que sa vie de « prince des dandys » est bel et bien terminée : il est devenu un homme de Broadway, obligé de répondre aux commandes qui lui sont faites. Une réalité qui change considérablement du hobby consistant à rédiger de la chansonnette pour de nombreux amis trop contents de l’écouter quand il se mettait au piano. Porter entame la décennie avec The New Yorkers le 8 décembre 1930 sur un livret de Herbert Fields. C’est un échec financier malgré ses 168 représentations au Broadway Theatre qui est alors le plus grand théâtre de Broadway (1 765 places). L’histoire est celle d’une femme de Park Avenue amoureuse d’un trafiquant d’alcool. Le comédien Jimmy Durante et le spectacle sont encensés par la critique mais la chanson Love for Sale (amour à vendre) est censurée par la radio. Cole Porter sait aussi être sulfureux.
Love for sale par Jack Teagarden’s Band et Kitty Kallen

Les grands succès

Le 29 novembre 1932, Gay Divorce (traduction littérale : divorce joyeux) arrive entre Of Thee I Sing (1931) de son ami George Gershwin et As Thousands Cheer de son autre ami Irving Berlin (1933). C’est le dernier rôle de Fred Astaire pour Broadway et sa première comédie musicale sans sa sœur Adele. Le livret est de Dwight Taylor : Guy Holden, joué par Fred Astaire, tombe amoureux de Mimi, en instance de divorce. Night and Day est sans aucun doute l’une des chansons les plus connues de Cole Porter ; on a pu l’entendre pendant 248 représentations à l’Ethel Barrymore Theatre. Le film de 1934 qui réunit Fred Astaire et Ginger Rogers est rebaptisé The Gay Divorcee (La Joyeuse Divorcée) car la censure estime qu’un divorce ne peut pas être joyeux, tandis qu’une divorcée, elle, peut l’être. La partition de Cole Porter est, quant à elle, oubliée par Hollywood, à l’exception du titre phare Night and Day.

En octobre 1933, la comédie musicale Nymph Errant (nymphe errante) est à Londres pour 154 représentations avec la comédienne Gertrude Lawrence et une chorégraphie d’Agnes de Mille. Ce spectacle ne sera pas monté aux États-Unis avant 1982. En 1934, Cole Porter met le point final à un de ses deux plus grands musicals : Anything Goes – le second étant Kiss Me, Kate (1948). Parti pour être une catastrophe mal ficelée par Guy Bolton et Pelham G. Wodehouse, le livret est sauvé par l’intervention de Howard Lindsay et Russel Crouse (qui écriront, bien plus tard, le livret de La Mélodie du bonheur). Le succès est au rendez-vous […]

Anything Goes par Vince Giordano and the Nighthawks

Le 24 octobre 1937, Porter est victime d’une grave chute de cheval. Il a les deux jambes écrasées et reste infirme. Il subira une trentaine d’opérations et affrontera des souffrances constantes jusqu’à sa mort. Le dandy Cole Porter ne pourra plus se passer de ses béquilles ; il ne sera plus jamais aussi jovial qu’avant son accident. Même si l’on ne peut affirmer que c’est la seule raison, son parcours professionnel s’en ressentira. Il aura quelques succès, un passage à vide puis une renaissance avec Kiss Me, Kate en 1948. Il ne retournera plus à Paris, et met un terme à ses allers-retours avec les États-Unis.

En 1938, il écrit Leave It to Me! pour Broadway. Mary Martin y chante My Heart Belongs to Daddy et devient une vedette du jour au lendemain. Gene Kelly, avant son rôle dans Pal Joey (1940), effectue ses débuts à Broadway dans ce musical qui se défend bien, avec 291 représentations. En 1939, Cole Porter concocte deux partitions. La première est pour le film Broadway Melody of 1940, et la seconde est DuBarry Was a Lady, un musical où Ethel Merman tient de nouveau la vedette. Panama Hattie suit en octobre 1940 et fait un carton : 501 représentations, avec « La Merm » au rang de star de Broadway. […] En 1947, le film The Pirate (Le Pirate) de Vincente Minnelli avec Gene Kelly et Judy Garland comporte un tube mondial : Be a Clown, qui sera repris dans Singin’ in the Rain quelques années plus tard et intitulé Make ’Em Laugh, sans que, étrangement, Cole Porter soit crédité.

Alors qu’il séjourne en Californie, Cole Porter travaille sur un nouveau projet. Bella Spewack s’inspire de The Taming of the Shrew (La Mégère apprivoisée) de William Shakespeare pour en écrire le livret. Elle collabore dans un premier temps avec son mari Samuel, mais le couple est en instance de séparation, et c’est elle qui assure la majorité de l’ouvrage, même si leurs deux noms seront finalement crédités. Le 30 décembre 1948, Cole Porter effectue donc son grand retour à Broadway avec Kiss Me, Kate, qui sera considéré par beaucoup comme sa meilleure comédie musicale. À cette époque, il n’est plus une valeur sûre après ses quelques flops ; les critiques dithyrambiques créent donc la surprise pour tout le monde et les 1 077 représentations marqueront son record. C’est l’histoire d’un couple de comédiens, divorcés à la ville, qui doivent se retrouver pour jouer deux amants.

Original Broadway Production (1948)

Production originale de Broadway (1948)

So in Love par Rachel York

L’action se passe sur scène et hors de scène, ce qui permet à Cole Porter d’y placer ses chansons devenues des classiques comme So in Love ou Too Darn Hot. Alfred Drake et Patricia Morison campent Fred Graham et Lilli Vanessi, qui se querellent à tout propos, mais qui finiront par réaliser qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Kiss Me, Kate s’est longtemps appelé Backstage pendant l’écriture, pour finalement prendre comme titre la dernière phrase que Petruchio dit à Katharine (Kate) dans la pièce de Shakespeare. Kate est aussi le nom de la mère de Cole Porter ; c’est une allusion à celle qui l’a toujours soutenu. Kiss Me, Kate décroche cinq Tony Awards (les récompenses de Broadway) dont celui de la meilleure comédie musicale, le premier Tony donné dans cette catégorie. En décembre 1950, Out of This World est un échec avec 157 représentations. Il faudra attendre Can-Can en 1953 pour renouer avec le Cole Porter de la belle époque.

Le 2 août 1952, sa mère meurt à Peru, la ville natale de Porter. Celui-ci est très affecté. Deux ans plus tard, le 20 mai 1954, il perd Linda, son épouse. […]

Le 7 mai 1953, Can-Can enflamme Broadway avec un livret d’Abe Burrows et des standards : C’est magnifique, Allez vous-en, Can-Can et I Love Paris. Il s’agit sans aucun doute de la partition la plus connue en France, notamment grâce au rôle de Maurice Chevalier dans le film qui suivra, ou à Lilo directement arrivée à Broadway pour interpréter La Môme Pistache après s’être produite dans Le Chanteur de Mexico au Théâtre du Châtelet. […]. Le dernier musical de Cole Porter date de février 1955 : Silk Stockings (478 représentations à l’Imperial Theatre). Basé sur Ninotchka, le film de 1939 avec Greta Garbo, il se passe encore à Paris. Silk Stockings devient un long métrage de Rouben Mamoulian avec Fred Astaire et Cyd Charisse en 1957 (La Belle de Moscou).

Après deux films, High Society (Haute Société) de Charles Walters en 1956 – avec Frank Sinatra, Bing Crosby et Grace Kelly – et Les Girls en 1957, avec Gene Kelly, Cole Porter met fin à sa carrière hollywoodienne. […]En avril 1958, Cole Porter est amputé de la jambe droite. Il n’écrira plus rien jusqu’à sa mort d’une infection rénale doublée d’une pneumonie à Santa Monica (Californie) le 15 octobre 1964 à l’âge de 73 ans.

Cary Grant dans le rôle de Cole Porter

En 1946, Cary Grant interprète Cole Porter…

Kevin Kline

et en 2004, c’est Kevin Kline qui reprend le rôle.

Le film Night and Day (Nuit et Jour, 1946) avec Cary Grant, vaguement basé sur la vie de Cole Porter, est sans aucune véracité historique. La chronologie n’est pas respectée et des passages sont notamment empruntés à la biographie de George Gershwin. On préférera le moins édulcoré De-Lovely (réalisé par Irwin Winkler) avec Kevin Kline, datant de 2004, qui est une évocation assez précise de la vie du compositeur et de l’ambiance qu’il savait créer autour de lui, d’un raffinement extrême. Son parcours aléatoire, ses frasques non dissimulées, sa vie de millionnaire, ses chansons intemporelles ont fait de Cole Porter un personnage hors du commun, aimé de tous ses contemporains et de ses amis compositeurs. Il est l’un des seuls à avoir autant fait l’unanimité. Il savait recevoir, n’était en compétition avec personne et a tenté sa chance à Broadway alors qu’il n’avait absolument pas besoin de travailler. Sa passion pour la musique a fait le reste.

 

Patrick Niedo*

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(1) Gilbert et Sullivan
Duo anglais, William Schwenck (W.S.) Gilbert et Arthur Sullivan ont écrit des opérettes entre 1871 et 1896 dont certaines sont encore très jouées : H.M.S. Pinafore (1878), The Pirates of Penzance (1879), The Mikado (1885)…


 

Les comédies musicales de Cole Porter

1915        Hands Up
1916        See America First
1919        Hitchy-Koo of 1919
1924        The Greenwich Village Follies
1928        Paris
1929        Fifty Million Frenchmen
1929        Wake Up and Dream
1930        The New Yorkers
1932        Gay Divorce
1933        Nymph Errant (Londres)
1934        Anything Goes
1935        Jubilee
1936        Red, Hot and Blue !
1938        You Never Know
1938        Leave It to Me !
1939        DuBarry Was a Lady
1940        Panama Hattie
1941        Let’s Face It !
1943        Something for the Boys
1944        Mexican Hayride
1944        Seven Lively Arts
1946        Around the World
1948        Kiss Me, Kate
1950        Out of This World
1953        Can-Can
1955        Silk Stockings


 

*Patrick Niedo est l’auteur de Histoires de comédies musicales. Ce livre offre une vue d’ensemble de Broadway du XIXe siècle à nos jours. Une centaine d’auteurs, de compositeurs, d’acteurs et actrices célèbres revivent au travers de leurs biographies détaillées. La beauté des illustrations et la richesse du texte entraînent le lecteur dans le tourbillon des principales comédies musicales de Broadway : My Fair Lady, Le Roi et Moi, Hair, Grease, Follies, Un violon sur le toit, Show Boat

On se laisse emporter par la féerie et les paillettes tout en s’arrêtant sur les faits essentiels et les anecdotes qui jalonnent cet univers si particulier. Chaque sujet est abordé avec la volonté de raconter une aventure artistique. L’ordre alphabétique permet en outre de parcourir le livre en toute liberté.

Un monde passionnant, révélé par un passionné sous une forme ludique. Histoires de comédies musicales est le premier ouvrage en langue française consacré uniquement à Broadway.