I Was Looking at the Ceiling and Then I Saw the Sky

A l’occasion de la nouvelle production de A Flowering Tree, retour sur les précédentes œuvres de John Adams au Châtelet.

I Was Looking at the Ceiling and Then I Saw the Sky
Nouvelle production, avril 2013

Même s’il subit l’influence de l’avant-garde européenne (et notamment celle de Schoenberg) au cours de sa formation musicale, c’est vers la culture américaine que John Adams (né en 1947) se tourne dans les années 1970. Marqué par le grand précurseur Charles Ives, il est tout autant fasciné par les recherches de John Cage, ce qui le conduit d’ailleurs à quitter sa Nouvelle-Angleterre natale pour s’installer sur la côte Ouest des États-Unis. Souvent catégorisé parmi les « minimalistes », John Adams ne cesse en fait de surprendre, dès ses premières compositions, par une écriture complexe et raffinée résistant aux classifications simplistes.

            Il faut attendre le milieu des années 1980 pour le voir aborder le genre lyrique avec son premier opéra, Nixon in China (que le Châtelet a présenté la saison dernière), suivi de The Death of Klinghoffer, en 1992. Son troisième opus scénique, I Was Looking at the Ceiling and Then I Saw the Sky, s’inspire du tremblement de terre qui détruisit une partie de Los Angeles en 1994. Cet ouvrage, dont le livret est dû à la poétesse d’origine jamaïcaine June Jordan, a été créé à Berkeley (Californie) en 1995 dans une mise en scène de Peter Sellars.

            Avec ce « Songplay » (soit une « pièce en chansons », comme l’indique le sous-titre de l’œuvre), qu’il aurait rêvé de voir monté à Broadway, John Adams entend clairement renouer avec cette culture de la comédie musicale américaine pour laquelle il éprouve une véritable fascination. D’où cette forme hybride, n’ayant aucun rapport avec ses deux ouvrages lyriques précédents, et qui a beaucoup surpris de la part de ce compositeur considéré malgré tout comme « classique ». Les sept chanteurs réunis ici, symboles du multiculturalisme aux États-Unis, offrent un condensé des difficultés que peuvent rencontrer des personnes issues de milieux défavorisés. Le style des chansons reflète les origines ethniques des personnages, la musique évoluant de la pop au jazz, en passant par le gospel ou le blues. Et c’est une formation semblable à celle d’un groupe de rock, avec clarinette, saxophone, claviers, guitare, basse et percussion, que l’on retrouve dans la fosse. Alexander Briger, présent l’an dernier pour Nixon in China, dirige cet ensemble, la mise en scène étant assurée par Giorgio Barberio Corsetti, entouré d’une jeune équipe de créateurs italiens.

            Après El Niño, présenté en création mondiale en 2000, c’est une œuvre plus récente de John Adams, A Flowering Tree, créée en 2006, que le Châtelet vous invitera à découvrir la saison prochaine.

Extrait du programme

©Marie-Noëlle Robert / Théâtre du Châtelet

#tbt du 17 avril sur El Niño

#tbt du 24 avril sur Nixon in China