10 questions à Giovanni Mirabassi

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Votre premier souvenir de spectateur ?
A l’école maternelle, un magicien ventru et moustachu dans le minuscule théâtre attenant l’église qui servait de salle polyvalente.

Que faites-vous avant de monter sur scène ? 
Je vérifie que je n’oublie rien dans l’ombre dont je pourrais avoir besoin dans la lumière, et vice-versa. La scène est un espace-temps autre que la loge, régi par ses propres lois. Ce que l’on appelle le trac est l’angoisse de cette transfiguration. Il faut bien se souvenir d’emmener avec soi la musique, et laisser les clés, le téléphone, ce qui nous lie à la vie de tous les jours de l’autre côté du rideau.

Que faites-vous en sortant de scène ? 
J’atterris.

3 qualificatifs pour décrire votre métier ? 
Nécessité – sans espoir – (de la) beauté du geste.

Qui vous a transmis la passion de la musique ? 
Mon père. Musicien amateur, mélomane et lettré, m’a transmis son amour pour la beauté, son talent contrarié, et m’a élevé dans les  tessons meurtriers de ses rêves brisés à lui. C’est l’une des recettes les plus courantes pour faire un artiste potable. Heureusement pas la seule.

Quand vous présentez une œuvre (autre qu’une création), en consultez-vous d’autres versions ? 
Naturellement. Le plus grand nombre possible, les versions de référence, et les autres. Pour savoir ce qui a été fait, ce qui ne l’a pas été, parfois ce qu’il aurait mieux valu ne pas faire… Pour utiliser un langage moderne, l’inspiration est et a toujours été « open source ». A ne pas confondre avec le droit d’auteur, dont je suis un ardent défenseur (cf. Question n. 4).

Si vous étiez une œuvre musicale … 
Étrange question, car je suis une œuvre musicale, mais jouons le jeu: Une valse pour rien d’Allain Leprest.

Si vous étiez un instrument …
Un piano ! Sans l’ombre d’un doute.

La musique que vous avez le plus entendue ?
You must believe in spring par Bill Evans.

Une chose que vous n’aimez pas dans une salle de concert ?
Je déteste lorsque il fait froid. J’ai horreur d’avoir à jouer avec les mains glacées.

Retrouvez Giovanni Mirabassi aux côtés de Cyril Mokaiesh au Théâtre du Châtelet du 6 au 13 octobre à 21h.